Piozila! (ceci est un jeu!!!)

Vive les vacances! … du moins, pour ceux qui ont la chance de faire une pause dans le train train quotidien! et même pour ceux qui n’y sont pas, c’est toujours le moment de vivre  un peu plus au ralenti! Pendant cette période, on cherche souvent à s’occuper et à meubler le temps, je vous propose donc un petit jeu!

Faisons un piozila! (pour ceux qui n’ont pas compris, piozila veut dire puzzle en français, ou du moins, c’est comme cela qu’un quotidien malgache a intitulé son jeu de puzzle, après je pense qu’en bon malgache cela peut s’appeler : mamerina ny mikorontana amin’ny toerany? mamerina ny hampahany amin’ny toerany mampilamina ny rehetra?)

Donc, le jeu est assez simple! D’un côté, je vous donne plusieurs phrases (ensemble P) et de l’autre, je vous donne une seule phrase (phrase S) et on verra ensemble si les phrases réarrangées de l’ensemble P peuvent correspondre à la phrase cohérente S : c’est à dire si les éléments de l’ensemble P ont pu, grâce à un petit piozila donner la phrase S.

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Ensemble P :

Elément 1: La diffamation commise par l’un des moyens énoncés en l’article 23 envers les cours, les tribunaux, les armées de terre, de mer ou de l’air, les corps constitués et les administrations publiques, sera punie d’une amende de 45 000 euros.

Elément 2 : Sera punie de la même peine, la diffamation commise par les mêmes moyens, à raison de leurs fonctions ou de leur qualité, envers le Président de la République, un ou plusieurs membres du ministère, un ou plusieurs membres de l’une ou de l’autre Chambre, un fonctionnaire public, un dépositaire ou agent de l’autorité publique, un ministre de l’un des cultes salariés par l’Etat, un citoyen chargé d’un service ou d’un mandat public temporaire ou permanent, un juré ou un témoin, à raison de sa déposition.La diffamation contre les mêmes personnes concernant la vie privée relève de l’article 32 ci-après.

Elément 3 : La diffamation commise envers les particuliers par l’un des moyens énoncés en l’article 23 sera punie d’une amende de 12 000 euros.

La diffamation commise par les mêmes moyens envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement. Sera punie des peines prévues à l’alinéa précédent la diffamation commise par les mêmes moyens envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation ou identité sexuelle ou de leur handicap.

En cas de condamnation pour l’un des faits prévus par les deux alinéas précédents, le tribunal pourra en outre ordonner : l’affichage ou la diffusion de la décision prononcée dans les conditions prévues par l’article 131-35 du code pénal.

 

 

Phrase S

L’injure ou la diffamation commise envers les Corps constitués, les Cours, les Tribunaux, les Forces Armées nationales ou d’un Etat, les Administrations publiques, les membres du Gouvernement ou de l’Assemblée parlementaire, les fonctionnaires publics, les dépositaires ou agents de l’autorité publique, les citoyens chargés d’un service ou d’un mandat public, temporaire ou permanent, les assesseurs ou les témoins en raison de leurs dépositions, par les moyens de discours,cris ou menaces proférés dans les lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans les lieux ou réunions publics, soit par des placards ou des affiches exposés au regard du public, soit par le biais d’un support informatique ou électronique, sera punie d’un emprisonnement de deux ans à cinq ans et d’une amende de 2.000.000 Ariary à 100.000.000 Ariary ou l’une de ces peines seulement.

L’injure commise envers les particuliers, par le biais d’un support informatique ou électronique, lorsqu’elle n’aura pas été précédée de provocation, sera punie d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 100 000 Ariary à 10.000.000 Ariary ou l’une de ces peines seulement. L’injure commise dans les conditions prévues à l’alinéa précédent, envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur handicap, de leur origine, de leur appartenance ou non à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, sera punie d’un emprisonnement de deux ans à dix ans et d’une amende de 2.000.000 Ariary à 100.000.000 Ariary d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement.

En cas de condamnation pour l’un des faits prévus par les deux alinéas précédents, le tribunal pourra en outre ordonner l’affichage ou la diffusion de la décision prononcée dans les conditions prévues par l’article 50 du Code pénal.

Qui a fini, qui n’a pas fini? 😀

Ok, certains d’entre vous peuvent croire que ce piozila parle du fameux article 20 de la loi sur la cybercriminalité qui vient d’être votée par les parlementaires malgaches, et d’autres vont croire que je vous donne des pistes sur l’authenticité de cette loi, mais non, c’est juste un jeu, un petit piozila…ce n’est même pas un guide hein…c’est un J.E.U!

Soit dit en passant l’ensemble P ne correspond pas du tout aux articles 29 à 32 de la loi française du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (et encore moins au paragraphe sur les délits contre les personnes) et la phrase S ne correspond pas du tout mais alors pas du tout à l’article 20 de la loi malgache sur la cybercriminalité! Et si vous n’allez pas sur le site de Légifrance, vous aussi serez d’accord avec moi que ce n’est qu’un J.E.U, un P.I.O.Z.I.L.A

😀

ps: la photo a été prise du site Pixabay qui donne accès à des photos libres de droit.

 

 

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Parfait n’est pas malgache?…!

On dit souvent que les paraboles et proverbes reflètent la sagesse d’un peuple ou du moins un certain état d’esprit de celui-ci et bien que dans les proverbes malgaches il y a souvent cette sagesse ou un bon état d’esprit…quelques expressions posent néanmoins problème et amènent à se demander s’il ne serait pas utile voire salvateur pour le pays, le peuple et ce qu’on entreprend, que l’on arrête de les prendre pour prétexte pour expliquer, justifier le fait que l’on se prend le mur au bout  évoquer.

– « Tsy mora ny manao zavatra e! » (ce n’est pas facile de réaliser, mener à bout un projet)

– « Mihinam-bary aza misy latsaka e! » (quand on mange un bol de riz, il y a toujours au moins un grain qui tombe à côté)

Vu le nombre de fois où l’on entend ces expressions, surtout dans les discours, c’est à se demander s’il n’est pas fait exprès de faire semblant d’entreprendre et en cas d’échec (assez prévisible parfois) de prendre la carte ce-n’est-pas-ma-faute-tsy-mora-ny-manao-zavatra-e pour expliquer le pourquoi du comment! Pourquoi s’attendre à de mauvais résultats…ou quelque part, pourquoi croire que de bons résultats vont, comme par miracle, s’obtenir si les préparations n’ont pas été bien faites, si le projet n’a pas été bien pensé, planifié et réalisé?

Imaginons ce qui se serait passé si Obama avait dit en 2008 : Yes we can…but (…you know, it’s really difficult to do things!), si Martin Luther King avait clamé I have a dream…but (… it’s not really easy you know!). Ils étaient dans l’affirmation… Yes we can…I have a dream!!!

Nous Malgaches,

On prend trop l’habitude de faire les choses en amateur, et, dans ces cas, d’être très indulgent : laissons les faire d’abord, après on verra, puis, quand tout ne se passe bien, on dit : ce n’est pas grave…mihinam-bary aza misy latsaka e!

On aime bien « essayer de faire »…ao ary fa hezahana hatao e! , mais pas de suite « faire »… ao ary hatao!

On se contente des lumières de la vie…ou des étoiles quand on peut viser la lune…

C’est parce qu’on n’a pas confiance en nous? parce qu’on n’est pas assez rigoureux? parce qu’on est fataliste? parce qu’on se contente du peu? ou parce qu’on a tellement l’habitude d’être et de vivre dans le « eo ho eo »?

 

 

 

A chacun sa manière…

 » Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays » exhortait John Fitzerald Kennedy lors de son discours d’investiture en janvier 1961.

Il n’est nul besoin ici de refaire un tableau (bien pauvre et monocolore) de la situation à Madagascar : comme on le dit si bien en malgache mampiteny ny moana ( mot-à-mot cette expression veut dire que la situation arrive à faire parler le muet), mais même ceux qui n’aiment pas vraiment parler politique ont fini par sortir un billet là-dessus. Pour résumer l’histoire : le bateau Madagascar coule lentement mais sûrement, après avoir dérivé des décennies durant.

Ce n’est pas la première fois qu’une crise politique touche la Grande Île : il y a eu (19)72, plusieurs évènements à partir de 1975(19)91, 2002, 2009, 2013…Les crises reviennent, se rapprochent et se ressemblent avec juste les acteurs qui changent et les slogans aussi. Il est peut-être (?) temps que les Malgaches se ressaisissent et se demandent ce qui peut être fait pour Madagascar?

– Descendre dans la rue?

Il est difficile de connaître les motivations des uns et des autres voulant occuper la fameuse place du 13 mai de l’Indépendance ou tout autre tany malalaka (Akorondrano…) et réclamer le départ des uns et des autres. Ils peuvent parvenir à leur fin mais le scénario redevient le même à plus ou moins long terme (A est destitué, B prend sa place, x temps se passe, B se fait destituer par A…etc…). D’autant plus difficile pour moi de comprendre la démarche vu que d’une part, aucune personne proche ni de la famille n’a fait la « marche de la liberté » à Iavoloha en août 1991. Et que d’autre part, je n’ai moi même pas participé aux sit-in et autres grèves sur cette place de l’Indépendance notamment pendant les évènements de 2002. Non pas que je ne pouvais pas, je ne voulais pas c’est tout. D’ailleurs à cette époque, à plusieurs reprises, j’ai été prise à partie par la très grande majorité de mes co-promotionnaires. Je vous épargne les moqueries, les ironies suggérant mon appartenance au camp d’en face, celui du raikalahy taloha. Parce que forcément, dans la pensée du plus grand nombre, il n’y avait pas d’alternative possible et si on ne voulait pas aller user son jean là-bas c’est parce qu’on était contre le troupeau!

Changer les choses par la rue, j’ai du mal à adhérer, ça finit mal en général.

– Faire soi-même de la politique pour changer tout cela?

Encore plus difficile. On a tendance, nous les Malgaches à nous moquer gentiment des vazaha et à dire « zany koa ve dia mila hianarana théorie be fa tonga dia hataovy any e! ». L’aspect théorique des choses, on n’aime pas trop, on prétend faire de l’empirisme, et y aller de suite. Ce n’est pas grave si à la base on n’est pas qualifié pour, pourvu qu’on le fasse. Hey bah non! diriger un pays ne s’improvise pas, de même qu’endosser de grandes responsabilités. Ce n’est pas par pure vantardise ou pur élitisme que ces vazaha ont mis en place un certain parcours de formation (et de haut niveau!) pour ceux qui se destinent à gouverner. C’est juste parce que gouverner cela s’apprend. Et diriger un pays, la destinée de ces concitoyens n’est pas un acquis, même si on a eu du succès dans une entreprise florissante ou toute autre activité commerciale. Travailler en vue de satisfaire l’intérêt général n’est pas exactement la même chose que travailler pour les intérêts commerciaux et financiers d’une entreprise. De même, avoir des responsabilités sur l’avenir de millions de personnes ne va pas forcément de soi, malgré toute la célébrité que l’on a, ou toutes les réussites professionnelles dans le privé que l’on engrange.

– Se taire et laisser faire puisque de toute façon c’est cuit?

C’est généralement ce qui est reproché à la majorité qualifiée de « silencieuse » ces derniers temps. Qu’elle subit sans rien dire sans rien faire. Comment reprocher à un grand nombre de ne pas se préoccuper de ces histoires qui leur semble loin de leur préoccupation première: la survie ; si ce n’est la satisfaction des besoins primaires, c’est l’obligation de garder le travail à cause de la première raison. Comment reprocher à une certaine partie de la population de ne penser qu’à faire ce qui améliorerait l’horizon, vu l’impossibilité de planifier l’avenir.

Que faire alors?

– Faire quelque chose à sa portée

Il serait salvateur d’abandonner le messianisme et de croire qu’une personne seule, combien même son pedigree est promoteur, puisse être capable de faire quelque chose pour le pays tout entier. Il est aussi utopique de croire que les choses s’arrangeront d’elles mêmes. Mais vu tout ce qu’il y a à faire, et le travail colossal à réaliser, et si on veut vraiment faire quelque chose, la meilleure façon serait de faire quelque chose à sa portée.  Tout le monde ne peut avoir l’envergure d’un Nelson Mandela, ni d’un Gandhi, ni d’un Abraham Lincoln. Mais, comme nous disent nos chers ancêtres se sont les petites choses mises bout à bout qui peuvent devenir de grandes choses (ny erikerika no mahatondra-drano : ce sont les crachins qui plus tard vont faire déborder les rivières). Il n’est pas besoin d’exiger des uns et des autres qu’ils fassent des miracles, ou de croire que tout sera meilleur du jour au lendemain. Juste demander à ce que chacun, à sa manière, avec honnêteté, dans ce qu’il maîtrise, fasse quelque chose dans le sens de remettre le pays sur les rails. Juste quelques exemples : vous travaillez et avez pouvoir sur la vie des gens? faites, dans les temps, le travail pour lequel vous êtes rémunéré sans demander un petit quelque chose en plus et sans abus de pouvoir. Vous êtes étudiants? le premier devoir serait de réussir ces études réellement, sans tricherie, ni pot de vins. Vous êtes à l’étranger? vous pouvez aider et financer les associations et autres organismes (les sérieux) qui oeuvrent pour faire quelque chose au pays. Ce chanteur a compris et ne s’est pas lancé dans la politique (pas encore?! :p ), mais a fait quelque chose à sa portée : exprimer son ras-le-bol par un rap, un peu comme eux. Ce qui nous a perdu, entre autres raisons, c’est cette difficulté que chacun a de rester dans son domaine. Si l’Armée ne s’est pas mêlée de la politique, si les magistrats se sont contentés de faire et de dire le droit, si les églises s’occupaient un peu plus des âmes et des bonnes conduites de leurs troupeaux, si les entrepreneurs se bornaient à créer des emplois et à fructifier leur capital…peut-être que le pays serait dans une autre situation. Mais…(on pourrait avoir un monde meilleur avec beaucoup de si…mais ce n’est pas la réalité).

Un dernier moyen de faire quelque chose est de rejoindre ceux qui sont animés de cette même volonté. Il y a Wake up Madagascar dont les objectifs sont clairement  : « réveiller le militantisme et l’activisme malgaches / soutenir les valeurs citoyennes et démocratiques / interpeller les décideurs sur leurs devoirs de redevabilité et sur le principe de la refondation de la société malgache ». Ils ne sont affiliés à aucun parti politique, aucun candidat mais sont animés par cette soif de « remettre le citoyen au centre de la vie nationale« , que l’on se sente concerné par ce qui se passe  et que l’on ne regarde pas juste de loin les manoeuvres des « politiques » malgaches, en se disant que cela ne nous concerne pas.

Le passage cité en début est souvent repris et ressorti à toutes les sauces, dans toutes les circonstances. Mais il y en a un autre aussi qui est tout aussi important  » nous n’accomplirons pas tout cela dans les cent premiers jours, ni sous ce gouvernement, ni même peut-être au cours de notre existence sur cette planète. Mais nous pouvons commencer ». Et à l’heure actuelle, pour Madagascar, il serait bon de se souvenir de ce deuxième passage aussi.

Tabataba sy tolona…?! (Eux…nous…)

Dans un calendrier malgache ou imprimé à Madagascar, avec le fameux Fet.Nat. du 26 juin, vous remarquerez que le 29 mars est aussi marqué par la couleur réservée aux jours fériés (il fut un temps où un de nos illuminés président a décidé que ce jour là ne serait plus férié au prétexte que cela faisait partie de l’histoire, et que n’ayant pas encore été né cette année là, il ne trouvait pas nécessaire d’en faire tout un plat!…mais bon, ça n’a duré que quelques années!). C’est une date qui appartient à l’histoire de Madagascar…(et pas encore à l’Histoire ?)

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Le 29 mars 1947 fait partie de cette liste d’événements de notre histoire que l’on apprend en vrac à l’école mais dont on ne connaît pas exactement les détails ni le déroulement exact. L’on retient…plus exactement l’on nous a fait retenir qu’à cette date, les Malgaches se sont soulevés contre les Français pour retrouver l’Indépendance, que ces soulèvements ont été sévèrement réprimés …mais que 13 ans plus tard, le but a été finalement atteint: Madagascar redevient libre et les Malgaches des citoyens à part entière.

Si l’on regarde de plus près néanmoins, des informations essentielles manquent: qui a dirigé ces actes de rébellion? ont ils été mené à terme…d’où la répression? qui y a participé…avec quels moyens?

Sans avoir encore eu le temps de lire et d’approfondir ces questions avec des livres savants et bien étudiés ( Jacques Tronchon, L’insurrection malgache de 1947: essai d’interprétation historique, Ed. Karthala, 1986/ Henry Casseville, L’île ensanglantée: Madagascar 1946-1947, Fasquelle, 1948/ L’insurrection de 1947 et la décolonisation à Madagascar à travers les régions, et « là où il ne s’est rien passé, Ed Tsipika, 2008…), certains bouts d’information, des bribes de vérité peuvent être recueillis soit dans la littérature malgache, avec quelques uns des romans de E.D Andriamalala..ou encore dans ce film Tabataba (l’un des rares films malgaches primés sur la scène internationale dont le Festival de Cannes en 1988…et oui, Malok’ila X n’est pas du tout représentatif du cinéma malgache même s’il en est à son enième saison :p). L’on constatera dans ce film que certes les Malgaches voulaient retrouver l’Indépendance mais tous ne se sont pas battus: certains ont pris les armes et le chemin de la guérilla et d’autres voulaient passer par des moyens moins violents (ou étaient encouragés à persuader les autres de ne pas se battre mais d’opter pour des élections ou de simples demandes comme on demanderait un acte d’état civil). Les armes dont disposaient ces mafana fo étaient en bois et ils croyaient (ou on leur faisait croire) que les balles des vazaha allaient se transformer en eau de par leur protection par des talismans. Ils y sont allés et croyaient fermement que comme pour le débarquement en Normandie les Américains allaient leur venir en aide. La répression ne pouvait être considéré comme le fruit d’une quelconque rébellion qui aurait réussi mais a été faite pour annihiler toute autre velléité et pour étouffer dans l’oeuf tout autre désir de combattre chez les survivants.

Jusqu’à présent, une certaine controverse persiste sur le nombre réel de victimes de la répression après ce soulèvement de 1947. 70 000…80 000…100 000…? Au delà du décompte macabre, il est essentiel de retenir que ces « événements de 47 » ont semé la douleur au sein d’une Nation, la mort parmi le peuple et le déchirement dans les familles…et cela, juste 2 ans après le « plus jamais ça » de la Société des Nations.

Une exposition a tenté de livrer le témoignage de ces bekotro maro olatra (ainsi sont nommés nos vétérans de 1947) et de libérer leurs paroles et un livre en a été tiré: Portraits d’insurgés, Madagascar 1947 , paru en mars 2011.

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Les récits y sont poignants et l’on se rend compte qu’ils ont vécu l’enfer, l’humiliation et l’innommable pour cet idéal d’indépendance. Ils ont combattu au prix de leur vie pour défendre cette soif de liberté.

 » Pendant ces jours, il y avait…quand les autres ne pouvaient plus se retenir et pissaient ou faisaient leurs besoins, et bien ça venait sur nous, ça coulait sur nous, sur nos corps, sur nos visages, ça coulait dans nos bouches, car nous ne pouvions même pas bouger, nous n’étions plus des êtres humains, nous étions souillés, salis…Et pendant ces jours, il n’y avait pas d’eau, nos mains étaiens sales; nos lèvres étaient sales; et ils jetaient la nourriture dans le tas; et la nourriture coulait aussi comme nos merdes et coulait dans nos bouches »*** 

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« Nous étions vomissures et corps morts (…) et je suis tombé parmi les premiers, d’autres corps sont tombés sur moi, d’autres corps de vomissure et de diarrhée, et c’est comme cela que j’ai survécu, respirant le vomi et la merde au lieu du gaz, et cette odeur est l’odeur de ma survie, cette odeur, l’odeur de la merde »***

Dox, un écrivain malgache nous demandait un jour si on allait enjamber les morts…si on allait poursuivre les oeuvres des anciens et perpétuer ceux-ci pour nos descendants…

 » Iza no ho vonjena,vola sa Tanindrazana? Ny tena ity sahirana, ny fiadanana io mitsidika eo am-baravarana; miantso koa anefa ny tanindrazana, ka iza no hovonjena?

Vola sa Tanindrazana? 

Raha hamonjy vola mantsy dia ho afaka amin’ny fahoriana fa ho lasa mpiasam-panjakana ka hahita fiadanana. Raha hamonjy Tanindrazana kosa toa hisedra fahafatesana, toa higadra any am-ponja, toa hiharam-panenjehana. Tsy izaho irery no terak’i Gasikara, koa raha mba mipetraka toy ny hafa aho dia ho tsiniko ve izany? (…) Veloma Ravola! Tanindrazako tsy hamidiko vola! (…) Vokatry ny fanapaha-kevitro dia ireo namako no nisy lasa mpiasam-panjakana fa izaho koa niafara tany an-tranomaizina, nohelohina 15 taona (…). Tsy kivy anefa fa nisikina hibaby ny hazo fijalian’ny Fireneko ka nanandratra ny vetso-po, feno fanakanana. »*** 

Je me demande qui parmi mes semblables, qui de ma génération aura le courage nécessaire  pour prendre le relais et honorer le combat pour Madagascar…

…Je me retourne…qui sera là?

Portraits d'insurgés

***Extraits des témoignages de ces insurgés.

Hay Zara – Le portail de gestion des connaissances sur Madagascar

Dans la lignée de ces liens qui pourraient vous être utiles un jour… si vous vous intéressez à Madagascar, voici un autre site qui est intéressant. « Hay zara »  qui porte bien son nom. Si je m’essaie à la traduction, cela signifierait: savoir partager. Parce que oui, il y a souvent un petit hic dans le partage d’informations. Dans certaines institutions il faut venir avec la croix et la bannière pour pouvoir consulter certains documents, ou connaître untel qui est l’ami de la famille d’untelle, ou tout juste vous avez porte close devant vous.

Et donc, ce site met en ligne, à la disposition de toute personne une masse importante d’informations et de ressources sur Madagascar. La « banque de connaissances » regroupe 7 thèmes: la santé, l’éducation, la gouvernance, la pauvreté et le développement économique, la sécurité alimentaire, la nutrition, la communication et les technologies et enfin le dernier thème concerne les urgences et la réduction des risques de catastrophes.

Les documents et ressources sont issus des études faites par les agences des Nations Unies et des autres intervenants de ces domaines. Le site est assez riche, visitez le, faites les connaître!

Bonne navigation et n’oubliez jamais de citer vos sources :p (le plagiat c’est pas bon)

Ps: Merci à Mirana d’être passée, j’ai presque oublié qu’il y avait des articles que l’on pouvait rédiger sans passer des jours et des nuits dessus :p

Revues scientifiques malgaches en ligne

Souvent, le domaine de la recherche malgache est dénigré car considéré comme inexistant. Parfois, il suffit d’atterrir sur les bons liens pour constater que oui, la recherche malgache existe et que certains de ses résultats sont disponibles en ligne.

Donc, voici quelques liens intéressants, pour toi l’étudiant, le chercheur, le curieux…juste au cas où…pour t’éviter les heures de recherche que moi-même j’ai enduré :p

–  “Thèses malgaches en ligne”: bien qu’il s’appelle ainsi, il y a aussi sur le site des mémoires de DESS et de DEA. Le site regroupe (presque) tous les travaux universitaires écrits et déposés dans les Universités publiques de Madagascar depuis 1992.

« Le portail des revues scientifiques malgaches »: le site met en ligne les revues produites par les universitaires malgaches. Mention spéciale à la rubrique « Revues archivées » qui contiennent, entre autre les Annales de l’Université de Madagascar en droit, ou encore, « les Cahiers du Centre d’Etudes des Coutumes »

– Le « Madagascar Conservation & Development »: c’est une revue en ligne qui publie des articles surtout sur les problématiques de la conservation et du développement à Madagascar (lapalisse me dirait vous :p)

Bonne lecture et bonnes recherches!!

Ps: et n’oubliez pas de citer les références comme il se doit lorsque vous trouvez quelque chose qui vous intéresse,…ne plagiez pas, ne copiez-collez pas..soyez original et honnête! 😉

Ombilahy maherinay e! :p

Certes ce sport est considéré comme populaire dans le sens premier du terme et n’intéresse pas ceux qui se targuent de connaître tous les rebondissements dans les classements ATP, FIFA…et qui suivent les play off et tout ce que le sport mondial compte de joueurs internationaux et célèbres, de championnats et de tournois.

 Certes ces joueurs viennent (peut être) de certains quartiers de la capitale et ont souvent la réputation d’exercer des métiers disons le pas très communs.

 Certes, ils ne sont pas champions olympiques, ni champions du monde…et ils n’ont pas vaincu les All Blacks ni même les Springbox…

Mais malgré tout, malgré ces a priori, ces préjugés, ces joueurs ont réussi là où une multitude de personnes soit disant bien sur elles, ayant réussi leur parcours, et considérées comme ayant tout pour bien faire ont échoué : les rugbymen malgaches ont porté haut et fort Madagascar, à la sueur de leur front, sans se poser de questions et sans faire de discours préalables promettant monts et merveilles !

Ils ne sont « que » champions d’Afrique dans le groupe 1B.

Ils ont vaincu la Namibie lors d’une finale épique, et ce n’était pas gagné vu le score (57-55)…ils ont arraché cette victoire vers les dernières minutes, à la prolongation. Alors, oui, soyons fiers d’eux…soyons reconnaissants parce qu’en ces temps de crise (interminable) ils ont fait quelque chose pour leur pays : ils ont donné un titre de champion d’Afrique à Madagascar, et c’est tout ce qui compte.

Merci les Makis de Madagascar…

« What’s your problem »…

A la fin du match, une journaliste de la Télévision Nationale a essayé de faire une interview du capitaine de l’Equipe de Namibie…elle a eu le malheur de demander de but en blanc à celui-ci « What’s your problems? » (avec le recul, j’imagine qu’elle a fait une traduction mot à mot du malgache ou du français mais sous la pression de l’évènement n’a pu réalisé que le sens était différent en anglais) …depuis elle fait l’objet de déchaînement et de quolibets. C’est injuste et trop sévère pour elle. Parlant de manque de professionnalisme et de manque de préparation: comment le lui reprocher, personne ne s’attendait à cette victoire. Et puis, dans certains pays, quand on parle une langue qui n’est pas votre langue maternelle on vous encourage et on dit souvent: at least, you tried!. Tandis que dans d’autres pays, l’on est intransigeant et l’on se moque soit de l’accent soit carrément des efforts que la personne fait…entre ces deux attitudes il y a toute une différence!!